Manips de base en escalade

Si tu es un parfait débutant en escalade, cet article va t’être indispensable pour commencer a grimper! Et sinon, un petit rappel ne fait jamais de mal à personne! 😉 Je vais t’expliquer, point par point, les manips de base en escalade à connaître ABSOLUMENT. Alors enfile ton baudrier, et on est parti!

Encordage (fais ton 8!)

Avant de commencer à grimper quoique ce soit, tu vas t’encorder. Pour ça, le nœud le plus utilisé est le nœud de huit. L’avantage de ce nœud là, c’est que tous les grimpeurs le connaissent. Ils peuvent te reprendre si tu fais une bêtise. Sans plus attendre, grimpeur intrépide, je te montre comment faire ce fameux “8”.

Nœud de huit

Commence par laisser un peu de mou pour pouvoir t’encorder correctement (environ 1m de corde). Ensuite, tu vas faire un noeud de huit simple:

Nœud de huit

Une fois que tu as ton huit, tu vas passer le bout de la corde dans les deux pontets de ton baudrier (ou dans ton pontet central si tu n’en a qu’un). Pourquoi s’embêter à le passer dans les 2 alors qu’on en a un plus grand et plus pratique, me diras-tu? D’une part, mieux vaut 2 sécurités qu’une seule. Et puis surtout, tu peux avoir besoin de ton pontet central pour d’autres manips, donc si on peut gagner de la place et y voir plus clair, c’est pas plus mal.

Ensuite, tu vas doubler ton 8. Pour cela, suis simplement le chemin que fait la corde avec le bout que tu as à la main. Tu dois te retrouver avec un double huit, avec deux brins qui rentrent et deux brins qui sortent. Reste concentré, on a vite fait de se tromper! 😉

Nœud d’arrêt

Une fois que tu as fini ton huit, tu peux rajouter un nœud d’arrêt derrière. Celui là, il est optionnel, mais c’est une habitude que j’ai prise et qui rajoute une sécurité supplémentaire. Il “verrouille” ton huit et l’empêche de se défaire en route.

Pour faire ton nœud d’arrêt, enroule le bout de corde qui sort de ton huit autour du brin d’assurage. Tu peux faire un ou plusieurs tours (selon la longueur de corde disponible), en descendant vers toi. Tu vas ensuite passer le bout de la corde à travers les anneaux que tu as formé, en allant de toi vers l’extérieur cette fois.

Vérifie ton nœud!

Te voilà prêt à partir, mais avant, VÉRIFIE TOUJOURS TON NŒUD! J’insiste, c’est super important, si tu as fait un bêtise, ça peut te coûter cher. (Et j’aimerais beaucoup que tu restes en bonne santé! :)) L’idéal et de le faire vérifier à ton assureur pour un double check. Vérifie bien que:

  • la corde passe bien DANS les deux pontets
  • tu as bien un joli huit, avec deux brins qui rentrent, deux brins qui sortent, et que la corde est toujours en double (tu peux compter 2, 4, 6, 8 pour t’en souvenir)
  • tu as un beau nœud d’arrêt derrière, ou au moins une quinzaine de cm de corde pour qu’elle ne se sauve pas pendant que tu grimpes

Serre bien ton nœud, et à toi la paroi!

Assurage

Si tu as mis tant d’énergie à faire ton nœud, c’est pas pour que ton assureur te laisse tomber. Je vais t’expliquer l’assurage en 5 temps avec un reverso. Il existe d’autres assureurs, mais le reverso est un des assureurs les plus couramment utilisé. C’est aussi un des moins chers (compte environ 15€ pour les premiers prix chez Décathlon).

Reverso de chez Petzl

Encordage de l’assureur

Pour assurer en 5 temps avec ton reverso, commence par t’encoder. Pour cela, tu vas plier la corde en deux et passer la boucle dans une des gorges du reverso. Attention au sens, tu verras il y a un petit dessin pour te montrer de quel côté doit être le brin relié au grimpeur. L’autre brin (celui qui doit sortir du côté où tu vois une main), c’est ce qu’on appelle le brin de vie.

Une fois que tu as mis la corde dans le bon sens, tu vas passer un mousqueton à vis (où n’importe quel autre type de mousqueton avec une sécurité) à la fois dans la boucle de corde et dans la boucle flexible du reverso. Tu vas attacher ce mousqueton à ton pontet central, sur ton baudrier (fais attention que ton mousqueton soit bien dans le sens de la longueur, il n’est pas conçu pour résister à un effort dans le sens de la largeur).

Assurage en 5 temps

On arrive au vif du sujet: l’assurage à proprement parler. Admettons que ton grimpeur soit en moule. Pour l’assurer, tu vas devoir ravaler du mou au fur et à mesure qu’il grimpe, pour que la corde soit toujours presque en tension. Pour cela, tu vas appliquer la méthode de l’assurage en 5 temps. (Admettons que tu es droitier pour la démo, tu peux inverser les mains selon ta préférence). Au départ, tu as la main gauche qui tient le brin relié au grimpeur et la main droite quelques centimètres sous le reverso, qui tient le brin de vie.

  1. Tu montes ta main gauche et tu tires sur le brin du grimpeur pour ramener le mou à toi.
  2. Tu ravale le mou. Pour cela tu lèves la main droite pour que la corde soit dans l’axe et que tu puisses la faire coulisser dans l’assureur
  3. Tu redescends la main qui tient le brin de vie pour bloquer la corde dans l’assureur.
  4. Comme tu as ravalé du mou, cette main droite est trop basse sur ton brin de vie. Pour revenir en position initiale, tu vas ramener la main gauche au dessus, sur le brin de vie.
  5. Enfin, tu vas pouvoir remonter ta main droite au dessus de ta main gauche, sans lâcher le brin de vie. Enfin, ramène ta main gauche sur le brin du grimpeur pour retrouver ta position initiale.

Point important: tant que ton grimpeur est en l’air, TU NE DOIS JAMAIS LÂCHER LE BRIN DE VIE. JAMAIS. Si ton grimpeur tombe, c’est ce qui va le retenir. Si tu tiens juste l’autre brin, tu vas devoir le retenir à la seule force de tes doigts, et ça risque de faire mal (autant à toi qu’à lui… voire plus à lui, si tu tiens pas…ce qui est probable…). Bref. En tenant ton brin de vie, ton assureur va absorber une grande partie de l’effort et tu n’auras quasiment pas à forcer pour arrêter la chute.

Tu peux aller voir cette petite vidéo, pour récap en image. 🙂

Donner du mou (assurage en tête)

Un bon assureur sait aussi donner du mou. C’est même indispensable, notamment pour assurer en tête. (Pour en savoir plus sur la grimpe en moule et en tête, tu peux aller voir ici).

Dans ce cas de figure, le grimpeur va accrocher la corde à la paroi au fur et à mesure qu’il grimpe. Or, pour accrocher la corde, il ne faut pas qu’elle soit tendue comme un string, tu en conviendras. Pareil quand il passe au dessus de la dégaine qu’il vient de clipper, si tu tires sur la corde, tu vas juste le tirer vers le bas. C’est pas pratique pour lui, et un grimpeur en galère peut devenir grossier. Il faut donc surveiller constamment ton grimpeur et anticiper ses besoins, en lui donnant du mou quand il faut. Un indice pour que ce soit le plus confortable possible pour lui: il faut toujours que la corde devant toi soit un peu distendue (sans traîner par terre pour autant hein!). Moins il sent la corde tirer, mieux c’est (sauf s’il te le demande)

Pour donner du mou, c’est très simple. Tu vas faire glisser la main qui est sur ton brin de vie vers le bas (toujours sans le lâcher!). Comme ça, tu vas laisser de la longueur (le fameux mou) entre ta main et l’assureur. Ensuite tu relèves le brin de vie pour le mettre dans l’axe et le faire coulisser dans le reverso. Pour accompagner le mouvement, tu vas tirer sur la corde du grimpeur avec ton autre main, vers le haut cette fois, pour faire passer le mou du côté du grimpeur. Tu n’a plus qu’à rabaisser le brin de vie pour verrouiller la corde et revenir à ta position initiale. (Tu peux lâcher le brin du grimpeur sans problème pour replacer ta main correctement, celui là ça risque rien).

Clipper les dégaines (en tête)

Puisqu’on parle d’escalade en tête, parlons du clippage des dégaines. C’est tout un art, et comme je veux te garder entier, tu as intérêt à faire ça bien.

Clipper la dégaine au mur

Commence par clipper ta dégaine au caillou dans le bon sens. Une dégaine est le plus souvent asymétrique. Elle peut par exemple avoir un de ses deux mousquetons fixé (verrouillé) à la sangle par une pièce de caoutchouc. Elle peut aussi avoir un doigt incurvé, coudé. Si c’est le cas, accroche toujours à la paroi le mousqueton avec le doigt droit, qui doit être mobile par rapport à la sangle. Pourquoi? Le mousqueton coudé est usiné différemment, avec des arrêtes plus douces pour ne pas abîmer la corde. D’autre part, si le mousqueton ancré à la paroi est fixe par rapport à la sangle, la dégaine sera trop rigide. Elle risquerai alors de mal se positionner selon les mouvements, ce qui peut être dangereux (ouverture intempestive, par exemple).

Autre chose, à propos du sens du mousqueton auquel tu vas clipper la corde. Essaie toujours de faire en sorte que le doigt du mousqueton soit dans la direction opposée à celle dans laquelle tu grimpes.

Clipper la corde à la dégaine

Une fois ta dégaine mise en place, il faut clipper la corde à l’autre bout, et là encore, on ne fait pas ça n’importe comment. Imagine que ton mousqueton est un trou dans la paroi (en principe il est à plat contre le mur, ça devrait pas être trop dur à imaginer). Il faut que la corde qui est reliée à toi “sorte du mur”. C’est à dire que le brin qui est relié à l’assureur passe par en dessous. C’est très important, si tu clippe ta corde dans le mauvais sens, en cas de chute, elle peut ouvrir le mousqueton.

La manip au relais

Il existe plusieurs manières de faire sa manip au relais. Je vais te parler ici de la plus basique, qui marchera à chaque fois.

Lorsque tu arrives en haut de ta voie, tu vas te retrouver face à ton relais. Tu peux pas te tromper, c’est deux points d’assurage (deux spits) côte à côte, souvent reliés par une chaîne. Une fois la haut, tu vas :

Te vacher

Ou en d’autre termes (si tu ne vois pas ce qu’une vache a à faire en haut d’une falaise), tu vas accrocher ta longe à un des points du relais. La longe, c’est un morceau de corde qui est fixé au pontet central de ton baudrier d’un côté, et qui a un mousqueton à vis de l’autre.

Le mieux, si tu peux, c’est de te vacher au point le plus haut de ton relais. Crois en mon expérience, ce sera vachement plus confortable si tu peux atteindre le relais autrement que du bout des doigts!

Un fois que tu es longé, et que tu as bien vissé le mousqueton de ta vache, assieds toi dans ton baudrier doucement, pour mettre la longe sous tension sans à coups. (Elle n’est pas prévue pour encaisser les chocs).

Enfin, pense à prévenir ton assureur en lui criant “VACHÉ”. (Là, c’est en général le moment ou tu souffle un bon coup, ça défoule bien :))

Sécuriser la corde

Pour éviter que la corde ne tombe si jamais tu fais un erreur pendant ta manip (t’aurais l’air un peu con), tu vas l’attacher à toi.

Prends une longueur suffisante pour ne pas être gêné. Tu peux faire une boucle qui descend jusqu’à ton pied pour avoir 2 longueurs de jambe, ça devrait suffire si tu n’es pas nain. Sinon prends un peu plus.

Fais une “queue de vache” (décidément, le bétail est partout). Si tu ne sais pas de quoi il s’git (et personne ne t’en voudra), c’est un nœud basique, celui que tu fais pour attacher tes chaussures. Accroche la boucle à ton baudrier avec un mousqueton à vis (pour être sûr qu’elle ne s’échappe pas).

Passer la corde dans le relais

Maintenant que tu ne risque plus de perdre ta corde, il faut bien que tu la fasses passer dans le relais, cette corde. Pour cela, rien de plus simple.

Tu vas défaire complètement ton nœud de huit. Ne t’en fais pas, tu es vaché, tu ne risques rien.

Tu vas ensuite passer la corde dans le relais, comme si tu enfilait du fil dans une aiguille. Si ton relais est juste constitué de deux spits, passe dans les 2. Si il y a une chaîne qui relie ces deux points, tu peux passer dans un des maillons (il y en a souvent un plus gros que les autres), ou dans un des deux points. L’important, c’est de toujours descendre sur DEUX points d’assurage, reliés l’un à l’autre. Comme ça, si un des deux venait à casser, t’en as toujours un de secours.

Maintenant, tu vas pouvoir refaire ton nœud de huit, comme tu l’as fait en bas de ta voie. Fais bien attention à passer dans les deux pontets, et VÉRIFIE bien ton nœud avant de passer à la suite.

Tu peux ensuite défaire ta queue de vache.

Te dévacher et redescendre

Vérifie bien que tout est en place: ta corde passe bien dans le relais, ton nœud de huit est bon et passe bien dans les deux pontets. Tu peux alors demander à ton assureur de te prendre sec (je ne te parle pas d’intimité, cela ne nous regarde pas). Ton assureur va tendre la corde jusqu’à ce que tu sois en tension dessus, et plus sur ta vache. C’est l’occasion de vérifier encore une fois que tout va bien, que la corde te tient bien et qu’elle passe bien par le relais.

Quand tu es bien sûr que tout est en place, tu vas pouvoir te dévacher (décrocher ta longe du relais), et commencer ta descente. N’oublie pas de communiquer avec ton assureur sur ce que tu fais. Un petit “DÉVACHÉ” suivi d’un “OK, ON DESCEND”, ça peut l’aider à suivre l’action, surtout qu’il ne te voit pas forcément.

Petit récap

  1. Vache toi au point le plus haut de ton relais, et verrouille le mousqueton de ta longe.
  2. Attache la corde à ton baudrier avec une queue de vache, en laissant allez de longueur.
  3. Défais ton huit, puis passe la corde à travers le relais (2 points reliés entre eux). Enfin, refais ton huit et vérifie ton nœud.
  4. Défais la queue de vache.
  5. Demande à ton assureur de te prendre sec, et vérifie que tout va bien.
  6. Dévache toi. Tu peux descendre!

Voilà, avec ça, tu peux te lancer à la conquête du caillou! Pour tes premières sorties en extérieur, essaie d’être avec quelqu’un d’un peu expérimenté pour vérifier tes manips. N’hésite jamais à demander de l’aide, et vérifiez toujours mutuellement le nœud du grimpeur et l’encordage de l’assureur.

Sur ces bonnes paroles, j’espère que ça t’a aidé, et je te souhaite bonne grimpe! 🙂

A la prochaine!

PS: Illustrations in progress!

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